Le bouquet de fleurs est commandé ? Les chocolats emballés ? Reste à décider du lieu du dîner, voire de séjour, si vous voulez sortir le grand jeu ! Avouez-le… la Saint-Valentin est un vrai casse-tête chaque année, vous hésitez encore entre un dîner dans un resto chic avec les couverts en argent et la « lettre à Elise » en musique de fond, histoire de l’impressionner… ou bien l’incontournable salade de chèvre chaud suivi d’un café gourmand dans le bistrot de votre quartier que vous affectionnez particulièrement… à moins que… vous osiez le pot de glace à la rose devant le dvd de « Coup de foudre à Nothing Hill » ? Et si vous cassiez la routine en préparant un dîner intime à la maison ? Mais pas n’importe quel dîner ! LE dîner proposé par les chefs de Tables & Auberges… A quelques jours de la fête des amoureux, nous ne pouvions pas vous laisser comme çà. Rien que pour vous, les chefs Tables & Auberges et Emmanuel Delmas (Blog du Sommelier) vous ont concocté un menu harmonie mets et vins romantique à souhait.

Et avant de passer à table, rien n’empêche de revenir sur quelques détails de cette fête qui vous permettront de faire les malins devant votre moitié. Mais comment en est-on arrivé là ? Pourquoi un 14 février ? et pourquoi un saint Valentin est-il mêlé à cet événement ? Parmi les nombreuses légendes qui l’entourent, on retiendra celle qui raconte que vers 268, l’empereur Claude engagé dans de nombreuses batailles, aurait interdit aux jeunes hommes de se marier, les célibataires faisant de meilleurs soldats. Mais le prêtre Valentin aurait continué de faire des mariages en secret. Dénoncé, il est mis en prison, où il fait la connaissance d’Augustine, la fille de son geôlier, à laquelle il redonne la vue et qui prend soin de lui. Reconnaissant, Valentin lui aurait envoyé un message avant d’être exécuté, signé « Ton Valentin » le 14 février 270… Aujourd’hui le 14 février est la fête des amoureux mais aussi celle de l’amitié dans de nombreux pays… Vous savez tout. Alors à vos casseroles ! Tous les ingrédients sont réunis pour que cette Saint-Valentin 2016 soit des plus gourmandes !

St Jacques rôties

Saint Jacques rôties en viennoise d’agrumes aux algues, nuage coco gingembre aux saveurs de Kumbawa

L’Atelier Ramey à Paris (17ème), Bistrot Gourmand

Voici un mets raffiné aux tonalités toniques et épicées, qui profitera à merveille de la texture si tendre et moelleuse des Saint Jacques. Le vin devra proposer une trame acide tout aussi affûtée afin de persister en longueur. Néanmoins, tout comme la texture de la Saint Jacques, le vin sera charnu, afin d’offrir un équilibre texture – persistance essentiel à l’accord. Et si en plus le vin s’articule autour de saveurs mêlées d’épices et d’agrumes confits, alors cette alliance sera magnifiée. Je pencherai pour un Saumur Brézé de 7 à 12 ans, profitant d’un remarquable terroir, d’acidités saillantes, et d’élevages à peine appuyés. Le temps aura patiné le vin, fait digérer l’élevage, et l’ensemble, tout en harmonie saura magnifier ce mets…accord remarquable. 

Conchiglioni truffés et oeufs de caille

Conchiglioni truffés et oeufs de caille

Hostellerie le Castellas à Collias, Table de Prestige

La texture de l’oeuf ne plaide pas souvent en faveur des vins, néanmoins la truffe et la texture des pâtes permettront une alliance fort intéressante au contact d’un vin blanc riche et empli d’énergie, Faisant écho aux notes terriennes et persistantes de la truffe, un vin blanc du Frioul, région nord italienne bordant la Slovénie, issu du cépage Tocai (Friulano), saura opposer sa force et sa fraîcheur à ce plat tout aussi charismatique. Plaisir garanti !

A la rencontre du chocolat et du gingembre

Domaine St Clair à Etretat, Table de Prestige

On a tendance à trop souvent oublier qu’au sud de la France, en Languedoc et Roussillon, de magnifiques vins doux naturels proposent des vins liquoreux remarquables. Certes, sucrés, mais souvent contrebalancés par de magnifiques finales persistantes, ils forment un duo implacable avec des desserts chocolatés. Avec les années, et de longs vieillissements en tonneaux, certains révèlent une complexité épatante, oscillant entre des notes d’épices douces, et cacaotées, torréfiées ou de raisins secs. Je pense notamment à un Grand Roussillon par exemple antérieur à 2005, ou encore de vieux Rivesaltes ambrés ou tuilés, voire millésimés, antérieurs à 2000. Energie, force, gourmandise et complexité sont au rendez-vous pour un accord ici d’évidence. Réhabilitons ces vins remarquables, souvent à prix très cohérents, pour de telles fins de repas. Comptez une bouteille pour 8 à 12 personnes.

Emmanuel Delmas VO

Emmanuel Delmas, Le Blog du Sommelier