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Nina MÉTAYER Cheffe Pâtissière

Élue Meilleure Pâtissière du monde 2023

Même si le milieu de la gastronomie reste majoritairement masculin, depuis quelques années, les femmes ont réussi progressivement à se faire une place, notamment en tant que Cheffes !

Nina, Quelles ont été vos sources d’inspirations et vos modèles dans l’univers de la gastronomie ?

Les rencontres fortuites ont été le moteur de ma passion pour ce métier.

Un échange scolaire au Mexique a été l’élément déclencheur et l’idée m’est venue d’ouvrir une boulangerie là-bas. De retour en France je me suis inscrite à une formation de boulangerie et je me suis prise de passion pour cette matière vivante qu’est le pain.

En CAP Boulangerie nous étions uniquement trois femmes dont deux envisageaient de reprendre des affaires familiales. Je me suis ensuite orientée vers la pâtisserie car les recrutements féminins étaient moins courant en boulangerie en raison des horaires et de la nature physique du travail.

Désormais mes sources d’inspiration peuvent surgir d’une odeur, d’une texture. 

Pour moi, l’essence de l’apprentissage réside dans l’action, dans la maîtrise du geste et l’atteinte de la précision. Ce métier offre la possibilité de créer entièrement des recettes pour donner du sens et de l’émotion : un avantage propre aux métiers artisanaux.

Lorsque je suis en cuisine, je visualise la personne qui dégustera ma création et je me demande quelle émotion je pourrai lui transmettre. Cependant, mon approche varie en fonction du contexte : une pâtisserie destinée à être vendue en boutique diffère de celle conçue pour un événement particulier… le visuel sera différent. Dans ce dernier cas, l’objectif est d’offrir la pâtisserie comme un cadeau à la fois beau et délicieux. Chaque dessert né d’une inspiration unique.


Quels conseils donneriez-vous aux jeunes femmes qui veulent devenir cheffes ?

En tant que femmes, nous sommes parfois perçues comme de simples exécutantes incapables de prendre des responsabilités… Je crois qu’il est important de cultiver la confiance en soi et s’autoriser à aller chercher, avec du travail et de l’énergie des postes à responsabilité.  Nous ne sommes pas destinées uniquement à rester dans nos cuisines à confectionner des gâteaux ! 

Dans ces métiers artisanaux où les longues études ne sont pas indispensables, le rythme est exigeant : des journées qui commencent tôt et terminent tard, avec des contraintes à accepter en échange d’avantages : la création, l’évolution sans limite, la générosité, le travail d’équipe. Cela représente un défi stimulant à relever ! Il est essentiel de tirer des leçons de nos échecs pour progresser.


Pensez-vous que les femmes apportent une contribution particulière à la gastronomie et à la culture culinaire en général ?

A l’école les filles sont souvent éduquées dans un esprit de bienveillance, ce qui les différencie des garçons…Bien que la sensibilité soit parfois sous-estimée, je la considère comme un atout précieux que nous avons le pouvoir d’exploiter. 

Malheureusement, les femmes sont souvent sous-considérés dans les postes à responsabilité..  Leur sensibilité, leur bienveillance et leur écoute active sont autant de qualité qui les rendent particulièrement apte au management mais qui peuvent aussi parfois les desservir.

Découvrez le site de Nina Métayer et ses Délicatisseries

Propos recueillis par Stéphanie Martinez / Crédits photo @Mathieu Salomé 

Retrouvez les interviews de trois Femmes Cheffes de renom : Sandrine BRUCHET, Babette de ROZIERES, Béatrice FABIGNON

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