Le « Coup de Corne », drôle de nom pour un fromage… Avec un nom pareil, on se plait à croire qu’une vache est mêlée de près ou de loin à son histoire. Un peu de patience et vous allez découvrir d’où vient ce délice fermier au nom pas banal.

Ce fromage atypique, tant par son nom que par sa forme, aurait pu naitre en Suisse, pays d’origine de ses créateurs, Ernst et Kathi Fricker. Malgré une carrière d’instituteur loin de l’agriculture, Ernst Fricker avait un rêve, celui de devenir fermier. Enfant, il passait ses vacances chez son oncle agriculteur et éleveur de vaches. Le rêve deviendra réalité en 1985, quand lui et son épouse auront un coup de cœur pour une ferme du Lauragais en Haute-Garonne datant du XVIIIème siècle. La famille Fricker s’installe à la Ferme de Cabriole qui couvre 65 hectares dont 20 hectares sont des prairies naturelles et des landes, terrain idéal pour l’élevage. Si au début de leur activité, ils se consacrent à l’élevage de chèvres (une cinquantaine de têtes), dont le lait est vendu à une coopérative, ils vont très rapidement se tourner vers la création et la production de fromages. A partir de 1995, ils transforment eux-mêmes leur lait dans une fromagerie construite à cet effet, et mise aux normes européennes. Et ce ne sont pas moins d’une vingtaine de fromages à base de lait de chèvre comme de lait de vache qui vont voir le jour : des fromages à pâte molle (le Pastourie, Le Yolidoulidoux, le cabrie etc.), à pâte pressée (la Tomme de Cabriole), et à pâte lactique (le Cayrou, le pâquerette à l’aneth, le Cathare etc).

Aujourd’hui le troupeau de chèvres laitières et de vaches Brunes des Alpes assurent toute l’année la production de lait. Les chèvres et les vaches sortent en pâturage et sont nourries en complément de fourrage et de produits achetés chez les agriculteurs voisins, comme le tourteau, les céréales, la luzerne avec du foin et du grain en bergerie. Le bâtiment d’élevage de 1500 m2, construit en 2004, regroupe les vaches, les chèvres, les veaux, les chevrettes, la nurserie, la salle de traite ainsi qu’une partie de la paille et du foin.
Le Coup de Corne fait partie des vrais produits du terroir. Il interpelle par sa forme de triangle plat, percé d’un trou en son milieu. L’histoire raconte que l’idée est venue à Ernst Fricker après avoir reçu lui-même un coup de corne de l’une de ses vaches… un mauvais souvenir qui a pourtant donné naissance à ce délice fromager, qui sera du plus bel effet sur un plateau de fromages ! Elaboré à base de lait cru de vache, le Coup de Corne offre une texture fine et fondante en bouche. Sa croute cendrée noire est couverte d’un voile poudreux blanc et peut également être tacheté de bleu gris s’il est longuement affiné. Sa pâte présente un coeur crayeux avec un liseret crémeux sous la croûte. Son goût est plus ou moins prononcé en fonction de son affinage dans les salles d’affinage et de séchage de la fromagerie. Dans l’idéal, il se consomme avec un vin rouge léger ou un verre de rosé frais. Le Coup de Corne et tous les autres fromages peuvent être achetés sur place dans le magasin de la ferme ainsi que chez tous les bons crémiers et fromagers de la région Toulousaine.

Ferme de Cabriole
Ernst, Kathi et Cornelia Fricker, Guillaume Desmery, Jenny Cros
Lieu-dit : Roubignol
31540 Saint-Félix de Lauragais
Tél. : 05 61 83 10 97

www.ferme-de-cabriole.com

Annie Mitault

« Ah que c’est bon la bouillabaisse, ah mon dieu que c’est bon bon bon… Pour faire une bonne bouillabaisse, il faut se lever de bon matin… » se plaisait à chanter Fernandel avé l’assent de la Canebière… Peu de spécialités culinaires incarnent à ce point une ville. La Bouillabaisse illustre depuis toujours la gastronomie de Marseille, ville d’art et d’histoire. A sa simple évocation, les papilles salivent déjà. Ce plat qui nous vient des pêcheurs des calanques demande de l’exigence pour le choix des ingrédients et surtout un vrai savoir-faire. Preuve en est, une Charte de la bouillabaisse a été établie en 1980 par les chefs marseillais préservant ainsi la recette traditionnelle et la façon de servir le plat.

Histoire d’un plat de pêcheurs devenu gastronomique

Devenu l’un des mets les plus emblématiques de la cité phocéenne, la bouillabaisse, comme beaucoup de spécialités du terroir d’ailleurs, est un « plat du pauvre ». Plutôt que de jeter les invendus du jour, les pêcheurs avaient pour habitude de cuisiner, dans les calanques ou parfois sur leur bateau, une soupe avec les restes de poissons abîmés ou de second choix, découpés en morceaux et bouillis dans de l’eau de mer. Le bouillon ainsi obtenu était consommé accompagné de croutons frottés à l’ail. Une sorte de « ragoût du pêcheur » dont on retrouve la trace très loin en arrière. Les soupes de poissons existaient en effet déjà depuis l’antiquité. Par exemple chez les grecs, qui, ne l’oublions pas, ont fondé la ville de Marseille sous le nom de Massilia vers 600 avant Jésus-Christ. Les populations du pourtour méditerranéen ont toujours été adeptes des bouillons de poissons (appelés « Kakavia ») cuits dans des chaudrons. Dans la mythologie romaine on parle même de d’une préparation à base de poissons que Vénus faisait manger à Vulcain pour l’apaiser et l’endormir afin de rejoindre Mars en toute discrétion… Côté étymologie, le nom de bouillabaisse vient de la langue provençale « boui abaisso » qui signifie « quand la marmite bout baisses le feu ». Il résume à lui seul le secret d’une bonne bouillabaisse.

Des cabanons de pêcheurs aux plus grandes tables

C’est à la fin du XIIIème siècle que la Bouillabaisse va se faire connaitre à Paris, quand deux Marseillais, ouvriront un restaurant appelé les Frères Provençaux. Dès lors, les chefs vont s’approprier ce délicieux bouillon de poissons de roche et lui donner ses lettres de noblesses. Le plat du pauvre a laissé la place à une véritable institution que l’on retrouve sur la carte des plus grands restaurants. Et si chaque chef décline son tour de main autour de ce plat typique, une règle est de mise : plus la bouillabaisse reçoit d’espèces de poissons Méditerranéens plus elle sera meilleure. Le fumet qui s’en dégage lorsqu’elle mijote n’est pas dû au hasard. Il est le fruit d’un savoureux mélange : rascasse, rascasse blanche, araignée, grondin, vive, fiela ou congre, saint pierre, baudroie, rouget et tous les petits poissons de roche (girelle, galinette…) qui vont donner ce goût iodé et corsé sans égal ; safran, huile d’olive, oignons, tomates, fenouil, persil, pommes de terre, sel et poivre lui donneront ses couleurs et ses parfums. D’une façon générale, le bouillon est servi en premier, suivi des poissons égouttés en second plat accompagnés des pommes de terre, de la rouille et des croûtons frottés à l’ail. Selon la Charte de la Bouillabaisse, le poisson doit être découpé devant les clients. Bien sûr, ce plat emblématique donne lieu à d’innombrables variantes mais il reste indéniablement une vitrine culinaire de la Méditerranée. Une vitrine qui ne saurait être complète sans les vins de Provence blancs ou rosés (Cassis, Bandol, Palette, ou Côtes de Provence) à privilégier pour accompagner la bouillabaisse.

Route gourmande de la bouillabaisse

Chez Tables & Auberges de France, notre constante volonté de porter la richesse de nos terroirs et le savoir-faire de nos membres, a donné naissance aux « Routes Gourmandes ». La Route Gourmande de la Bouillabaisse sélectionne les tables qui proposent ce plat emblématique (à la carte, dans un menu ou sur commande). Retrouvez-la sur notre site : http://www.tables-auberges.com/routes-gourmandes/route-gourmande-de-la-bouillabaisse/

Annie Mitault

La Corse… rien que le nom fait rêver… difficile de ne pas succomber aux charmes de l’île de beauté, l’une des plus belles régions de France. Située à moins de 200 kilomètres des côtes Azuréennes, la Corse offre des paysages hors du commun avec ses nombreux maquis, ses montagnes, ses réserves naturelles et ses bords de mer dignes d’une carte postale, alliant plages de sable blanc et criques sauvages. Après avoir appartenu à l’Italie, la Corse est devenue française en 1769, lorsqu’elle a été vendue à Louis XV. Napoléon Bonaparte y est né le 15 août de cette même année. Les deux départements (Haute-Corse et Corse du Sud) ont été créés seulement en 1976. Que vous découvriez la Corse à pied, en voiture ou en bateau, cette terre de tradition et de caractère est LA destination de l’été…

Des produits de terroir inégalables

Ce n’est pas un hasard si la Corse figure parmi les destinations les plus prisées dans le monde… Forte d’un joli patrimoine historique, l’île de beauté est également riche de traditions vivantes notamment grâce à sa gastronomie légendaire. A l’image de ses habitants et de ses villages, la cuisine corse se veut être une cuisine de caractère transmise de génération en génération. On y mange très bien et les produits du terroir y sont mis en valeur. Les produits de la pêche côtoient la charcuterie artisanale, les fromages issus d’élevage de chèvre et de brebis, ainsi que l’huile d’olive, la farine de châtaigne, les herbes des maquis, le tout arrosé de bons vins insulaires. De par sa situation géographique et son histoire, la gastronomie corse a bénéficié de différentes influences italiennes et françaises.

Un savoir-faire tout en saveurs…

« Qui n’a pas goûté le brocciu ne connait pas l’île… » se plaisent à dire les corses… Ce fromage emblématique (que l’on prononce brotchiou) est à base de lait de brebis ou de chèvre. Il est connu pour sa fraicheur et se déguste de novembre à juin. On trouve également beaucoup de fromages à pâte molle ou à pâte pressée comme le Venaco, le Brin d’Amour etc. La grande spécialité corse restant la charcuterie et valant le détour à elle toute seule, avec notamment : la Coppa faite à partir d’échine de porc, le prisuttu (jambon maigre cru ou grillé), le figatellu (saucisse de foie), la salsiccia (saucisson épicé) et autre salamu (saucisse fumée) qui font le bonheur des gourmets. Sachant que les porcs, élevés dans la montagne, se nourrissent principalement de glands et de châtaignes, la charcuterie corse ne peut être qu’exceptionnelle. Les délices culinaires de la Corse s’invitent chez de nombreux restaurants très attachés à proposer les préparations traditionnelles de l’île comme le cabri (cabrettu), le ragoût de porc ou autre (tianu), l’agneau et le chevreau rôti ou en daube (stuffatu), la bouillabaisse de poissons de roche (l’aziminu), les tripettes à la sartenaise ou encore la miglacciu (préparation salée à base de fromage de brebis et de chèvre… Ces plats sont souvent accompagnés de pâtes ou de pulenta (farine de châtaigne).

 

Vous l’aurez compris, la Corse regorge de bonnes tables pour découvrir les spécialités de l’ile. Découvrez sans plus attendre nos adresses gourmandes :

L’Hôtel Casadelmar (Table de Prestige) à Porto Vecchio :

C’est face à la baie de Porto-Vecchio et amarré à une colline que l’hôtel Casadelmar vous accueille. L’établissement allie le luxe et la simplicité à la modernité. Le Chef, largement inspiré par l’Italie et la Méditerranée, vous propose une cuisine dont l’inventivité préserve avec subtilité l’équilibre entre modernité et saveurs authentiques. En prime, découvrez une très belle cave de vins corses, français et italiens.

Spécialités : cannelloni de denti au tourteau, caviar, fraîcheur fruits et légumes à la bergamote ; St Pierre cuit à l’huile d’olive, quinoa au baccala et raifort ; soufflé aux fruits exotiques.

 

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L’Hôtel La Roya (Table Gastronomique) à Saint-Florent :

Niché au cœur d’un véritable jardin d’Eden dans lequel se mêlent les parfums de rose et de lavande, l’Hôtel Roya jouit d’un cadre exceptionnel sur l’une des plus belles plages de la Corse du nord. En salle ou en terrasse, vous dégustez des mets fins et raffinés à base de poissons et de produits du terroir. La carte, inventive et soignée, fait la part belle aux produits toujours frais et de saison. A découvrir également le petit déjeuner gourmand de la maison. L’établissement donne directement sur la plage de sable de St-Florent avec une magnifique vue sur le village, dans un calme absolu.

Spécialités : langouste du Cap ; pêche locale ; veau Corse ; glaces maison.

 

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Hôtel de la Corniche (Table de Terroir) à San Martino Di Lota :

Situé sur la corniche de Bastia, à l’entrée du Cap Corse, cette ancienne petite auberge à la fois café, épicerie et boulangerie des années 30 est devenu un magnifique hôtel de charme doté d’une des meilleures tables de la région. Il bénéficie d’une vue exceptionnelle sur le village aux toits de lauze, la vallée, les chênes et châtaigniers alentour et sur les îles de l’archipel toscan. Le restaurant propose une cuisine authentique faite des meilleurs produits du terroir insulaire.

Spécialités : ravioli au Brocciu au jus de daube ; pièce de veau corse bio ; cannelloni d’aubergines au Brocciu ; denti du Cap Corse en croûte de tomates sechées ; tarte cedrat meringuée ; délice de châtaigne.

 

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Restaurant Le Frère (Auberges de Village) à Casalabriva :

En plein maquis, le Restaurant Le Frère propose une cuisine de terroir à base de produits bio de la famille et des environs. Vous pourrez ainsi déguster la vache tigre (authentique souche bovine corse, repérable par sa robe bringée) et le vin du Domaine Comte Abbatucci, production des deux frères du propriétaire.

Spécialités : rognade de veau tigre ; beignets de courgette ; foie de veau tigre ; boeuf tigre au citron et à la népita ; magnum de tarte au citron ; croustillant de clémentine.

Annie Mitault

Show des P'tits ChefsFort d’un premier succès en 2015, le Show des P’tits Chefs, organisé par l’Office de Tourisme installé à Nailloux Outlet Village et les Tables & Auberges de France Haute-Garonne, revient pour une seconde édition. Ce concours de cuisine amateur réservé aux familles est parrainé cette année par Jérémy Morin, chef du restaurant l’Aparté à Montrabé et par Fabien Pelous pour l’association « 1 maillot pour la vie ». Ayant pour thématique « l’Assiette sur son 31 », la sélection du concours se déroule sur une période allant jusqu’au 22 octobre 2016.

Un concours ouvert à tous

La participation au concours est entièrement gratuite et réservée aux amateurs. Il s’agit pour une équipe, constituée d’un enfant (de 6 à 12 ans) et d’une autre personne d’au moins 13 ans (choisie et dûment autorisée par le représentant légal), de concevoir une « Assiette sur son 31 » composée soit d’une entrée, soit d’un plat ou soit d’un dessert valorisant les produits du terroir Haut-Garonnais. Cette assiette devant mettre en avant au moins 1 produit identifié SIQO parmi l’Ail de Cadours, le Boeuf Gascon et l’Agneau des Pyrénées, et/ou contenir au moins 3 produits issus de la boutique de produits régionaux de l’Office de Tourisme de Nailloux. A l’issue de la phase de présélection, les équipes finalistes seront invitées à venir préparer leurs recettes en public sur la place centrale du Village des Marques, le samedi 22 octobre 2016 à partir de 15 heures. Les réalisations de ces cuisiniers en herbe seront notées par un jury présidé par Jérémy Morin.

Sensibiliser les jeunes palais aux produits du terroir

Organisé dans le cadre de la semaine du goût, le « Show des P’tits Chefs », traduit une volonté de faire découvrir (ou redécouvrir) toute la diversité et la qualité des produits de terroir ; encourager petits et grands à partager ensemble une expérience culinaire familiale et conviviale ; et par-delà valoriser la gastronomie régionale. Coachés par les chefs Tables & Auberges, les jeunes gastronomes pourront ainsi laisser libre cours à leur imagination et inventer une assiette gourmande aux couleurs de la Haute-Garonne en partenariat avec le Comité Départemental du Tourisme.

Jérémy Morin :
un parrain 2016 qui se veut proche des P’tits Chefs...

Pourquoi avoir accepter d’être le parrain du Show des P’tits Chefs 2016 ?

Lorsque Tables & Auberges de France m’a demandé d’être le parrain de cette seconde édition, je n’ai pas hésité. Mais ce que j’aime avant tout, dans ce rôle, c’est d’accompagner, d’échanger, conseiller ces jeunes passionnés de cuisine comme moi je l’étais auparavant.

Racontez-nous votre plus ancien souvenir gustatif…

Mon plus ancien souvenir gustatif, c’est la blanquette de veau que me faisait ma grand-mère. Elle était tout simplement excellente, avec son secret à elle… car lorsque je refaisais cette recette au lycée hôtelier, elle était beaucoup moins bonne.

Lorsque vous étiez à l’école hôtelière, vous rappelez-vous de la première recette que vous ayez appris ?

Mon premier » travaux pratique » au Lycée Hôtelier de Granville (50) a été en pâtisserie : il s’agissait d’une tarte normande (origines oblige!), c’est-à-dire une tarte aux pommes avec un appareil à crème prise sucrée avec du Calvados. Honnêtement je ne me souviens pas si le résultat était au rendez-vous mais c’était le début de ma passion pour ce métier.

Quelles sont vos conseils et recommandations pour composer « l’Assiette sur son 31 » thématique du Show des P’tits Chefs 2016 ?

Avant tout de se faire plaisir et d’avoir les ingrédients nécessaires pour passer une bonne journée de convivialité. Au niveau de la recette, être assez créatif et original mais ne pas vouloir faire trop de choses dans l’assiette, aller à l’essentiel. Tout en sachant que la notation se fera sur 5 critères: la créativité, la présentation, l’impression gustative, la convivialité et les produits (10 points pour chaque critère) n’en négliger aucun !

Rencontre avec Gilles Masson, un des plus grands spécialistes du vin rosé dans le monde. Lui et ses équipes ont dressé depuis plus de dix ans des tendances fortes sur les vins rosés. Décryptage.

Quel est le degré d’alcool que vous avez constaté dans les vins rosés ?

En France, on est aujourd’hui autour de 12,75°. Depuis deux ans, on observe une légère baisse des degrés d’alcool, pas seulement en France d’ailleurs. La demande sociétale qui souhaite des vins un peu moins alcoolisés a sans doute été prise en compte depuis 2 ou 3 ans. Cette baisse concorde parfaitement avec l’information selon laquelle le rosé serait un vin un peu plus libre, qui se permet des choses.

Au niveau du sucre, quelle est la tendance ?

On voit bien que la France se positionne avec des rosés moins sucrés. Comme en Espagne on y produit des vins de plus en plus secs. Mais ce n’est pas valable partout dans le monde. En République tchèque, par exemple, la production des vins rosés demi-secs augmente encore.

Et que disent vos études sur l’acidité des vins ?

Depuis dix ans, on observe une relative stabilité du PH. L’acidité totale a légèrement augmenté mais il faut faire une distinction. Maintenant, il y a une prédominance de l’acide malique plutôt que l’acide tartrique. Les courbes se sont croisées il y a 3-4 ans.

Vous étudiez aussi la couleur des vins…

Là c’est le plus intéressant. En 11 ans, on est passé de 0,8 à 0,37 en termes d’intensité colorante. Elle a été divisée par deux en une décennie ! Et ce phénomène d’éclaircissement a tendance à continuer. En Provence, la moyenne constatée est désormais de 0,18. On peut légitimement se poser la question de savoir jusqu’à quand on va ainsi éclaircir les rosés.

Ces phénomènes de coloration sont-ils liés à des régions ou des pays ?

En France, les rosés sont globalement plus clairs. En Espagne et en Grèce les couleurs sont plus soutenues. A l’échelle nationale, ce sont les rosés de Provence et de Corse qui sont les plus clairs. Ceux du Sud-Ouest et de la Loire sont les plus intenses.

Que disent vos études sur l’évolution de la vinification des rosés ?

On a remarqué les progrès opérés en matière de fermentation. On maîtrise mieux les températures et le froid a particulièrement aidé dans la vinification des rosés. On a aussi réalisé beaucoup de progrès sur l’oxydation et on a su développer la science de l’élevage.

Que reste-t-il à mieux connaître ?

Le chantier actuel, c’est l’expression aromatique pour mettre en valeur le fruit. On s’aperçoit aussi que chaque pays a une diversité aromatique.

Quelle est votre mission en termes de prospective ?

Nous devons anticiper, voir ce qui va se passer. Nous sommes très à cheval sur les notions de goût et de saveur, sur la notion de terroir. Même pour les rosés, le climat et les sols impriment une grande typicité aux vins. Ensuite, nous ne lisons pas dans une boule de cristal. Mais, pour nous, l’avenir du rosé passera par l’adaptation à des phénomènes qui nous sont annoncés.

Quels sont-ils ?

Il va y avoir le changement climatique, les règlementations sur l’alcool, la problématique des intrants et la plus grande prise en compte des terroirs.

Fait-on du rosé comme on fait un vin rouge ou un vin blanc ?

Non, entre le climat et le terroir, il y a la vigne. Nous devons d’ailleurs être très attentifs aux cépages qu’on aurait peut-être mis trop vite au placard. La conduite de la vigne pour faire du vin rosé, c’est le travail d’une vie. On ne conduit pas la vigne de la même façon que pour faire du blanc ou du rouge. On pense au rosé dès qu’on choisit la parcelle, dès qu’on choisit le cépage.

Gilles MASSON est le directeur du Centre de Recherche et d’Expérimentation sur le Vin Rosé. Chaque année, lui et ses collaborateurs (une équipe de 8 personnes) étudient un bon millier de vins rosés provenant d’une trentaine de pays et ce depuis plusieurs années. Une base de données unique qui permet de dresser très précisément les profils techniques des vins rosés.      

Article extrait du magazine Contact Pro®
Printemps-été 2016

Edité par Christophe Andrieu

Distinction 2016 – Catégorie « Hôtelleries de France »

Lors de la sortie nationale de nos éditions en mars dernier à Rochefort sur Mer, Jean Lanau, président-fondateur de Tables & Auberges de France, a annoncé les distinctions 2016 qui récompensent les établissements illustrant les valeurs patrimoniales et territoriales de notre mouvement. Au regard du parcours du professionnel, de la qualité et de l’originalité des services apportés, ainsi que du retour de clientèle, c’est l’hôtel sans restaurant « Art Hôtel » à Rochecorbon (37) qui est distingué cette année dans la catégorie « Hôtelleries de France ». Nous vous invitons à découvrir cette belle adresse tourangelle.

Au cœur des Châteaux de la Loire

Accroché au coteau, face à la Loire, le village de Rochecorbon présente une physionomie toute particulière avec de nombreuses caves et demeures troglodytes qui témoignent de l’exploitation passée du coteau de tuffeau. Situé sur les magnifiques bords de Loire à 5 kilomètres de Tours, Art Hôtel est un établissement unique en son genre. Au pays des prestigieux châteaux et à proximité immédiate des fameuses caves de Vouvray et de Montlouis-sur-Loire, cet hôtel haut de gamme dispose de 28 chambres classées 4 étoiles. Toutes ont une décoration différente en noir et blanc avec du mobilier inspiré par les plus grands designers d’aujourd’hui. Ce joyau de la fin du XIXe siècle, propriété de Madame Tonnelle, épouse du Général Becker, s’était fait oublier… Cette sereine demeure trouva une nouvelle vocation au XXe siècle en devenant une maison de repos, jusqu’à sa toute dernière transformation en hôtel mariant l’architecture la plus classique aux formes et aux tonalités les plus actuelles. Art Hôtel vous accueille dans ses salons de réception, sur sa magnifique terrasse et son bar lounge. L’hôtel propose de nombreuses prestations comme l’espace détente, la location de vélos et l’accès au wifi gratuit.

Un petit déjeuner de roi…

Servi dans la magnifique salle accolée aux salons Black & White ou sur la terrasse du château lors des beaux jours, le petit déjeuner reflète l’art de vivre tourangeau avec la dégustation de produits du terroir et de spécialités maison : boissons chaudes, sélection de fromages issus de la production locale, yaourts et fromage blanc, sélection de confitures à l’ancienne cuites au chaudron, miel, pâte à tartiner à la noisette, sélection de charcuteries dont les rillettes de Tours, assortiment de pains et de mini-viennoiseries, céréales, beurre doux et demi-sel, jus de fruits pressés, salade de fruits frais maison, œufs cuisinés, brioche, gâteau du jour, mini-crêpes, financiers, cookies etc.

Les produits locaux

Zoom sur les fromages de chèvre : Laiterie de Verneuil - 37600 Verneuil-sur-Indre

Fondée le 6 juin 1909 par maître Leroux, maire de Loches et architecte, la Coopérative Laitière de la Région Lochoise a réuni à ses débuts 264 adhérents pour 1200 Vaches. La production de beurre est l’unique activité au départ, elle est rapidement récompensée au Concours Général Agricole de Paris et cette habitude perdure aujourd’hui notamment avec les fromages de chèvre AOP et le lait UHT. Les fromages de chèvre de la laiterie de Verneuil sont issus de la tradition fromagère du centre et de la vallée de la Loire. Les maîtres fromagers y cultivent et transmettent un savoir-faire unique au service de la qualité

Avec les fromages AOP Sainte Maure de Touraine et Valençay vous entrez au cœur de l’histoire de France et de sa gastronomie

Le Sainte Maure de Touraine, fabriqué avec du lait cru de chèvre entier, est un fromage à pâte molle, à moisissures superficielles grises. La pâte est blanche ou ivoire, de texture homogène et fine, d’au moins 45% de matière grasse, est traversée par une paille de seigle gravée au nom de l’appellation et attestant l’origine de la fabrication. Il se présente sous la forme d’une bûche allongée tronconique d’un poids de 250 g. Il est l’un des fromages favoris des français depuis le Moyen Age.

La Pyramide de Valençay, est un fromage à pâte molle au lait cru de chèvre. Le Valençay se présente sous forme de pyramide tronquée, à base carrée de 6,5 cm de côté, à croûte fleurie, de couleur gris clair à gris bleuté. Il contient 45% de matière grasse. L’histoire raconte que le Valençay était au départ un fromage de forme pyramidale élancée. Afin que ceux qu’il offrit à Napoléon ne lui rappellent pas sa défaite en Egypte, Talleyrand, résidant au Château de Valençay, les fît décapiter. Fabriqué à partir de lait cru et entier, le Valençay, une fois démoulé, est salé et cendré au charbon de bois. Il peut être dégusté à compter du 11ème jour frais, sa pâte est fine et onctueuse.