Difficile d’y échapper… comme le veut la tradition, ce troisième jeudi de novembre est marqué par l’arrivée sur nos tables du Beaujolais nouveau, le plus célèbre vin primeur de France. Chaque année vers minuit, c’est l’effervescence dans les bars du quartier, les restaurants et chez les cavistes. Si le Beaujolais nouveau, produit entre Lyon et Mâcon (cépage Gamay noir à jus blanc) ne fait pas toujours l’unanimité, il a su se faire un nom. Devenu un vin populaire, c’est aujourd’hui un joli prétexte pour se rassembler et trinquer autour d’une belle assiette de charcuteries ou de fromages. Alors cette année aura-t-il le goût de banane, de pamplemousse ou de cerise ? Réponse aujourd’hui !

Dès le milieu du XIXe siècle, les producteurs du Beaujolais avaient l’habitude de commercialiser très tôt une bonne partie de leur récolte essentiellement dans les bistrots lyonnais. Après la Première Guerre mondiale et jusqu’au début des années 1950, la mise sur le marché des vins français était échelonnée et pouvait durer jusqu’en juillet. C’est un arrêté de septembre 1951 qui a mis fin à cette pratique en autorisant les producteurs à sortir les vins de leurs chais à partir du 15 décembre. L’objectif était d’étaler la mise sur le marché pour éviter la pénurie en cours d’année (notamment pour les soldats sur le front…). Puis le 13 novembre 1951, une nouvelle note administrative autorisera en France la vente précoce de certains vins, répondant ainsi à la demande de viticulteurs du Beaujolais pressés de vendre leur primeur. A partir de 1967, cette date fût fixée au troisième jeudi de novembre pour faciliter la logistique et coordonner les exportations. Aujourd’hui la réglementation est ferme sur ce sujet et toute vente est interdite en amont, histoire de respecter la tradition et de mettre chacun sur un pied d’égalité. Le fameux slogan « Le Beaujolais nouveau est arrivé ! » est né à cette époque, permettant au Beaujolais nouveau de devenir un évènement médiatique planétaire.

Un vin primeur est un vin nouveau d’appellation d’origine tout juste sorti du cuvage après l’étape de la vinification. Il est destiné à être consommé dans les mois suivant la récolte. Si à l’origine il n’y avait que les Beaujolais, la famille s’est beaucoup agrandie. En effet, plusieurs vignobles de France commercialisent dorénavant une partie de leurs vins AOC comme vins primeurs ou vins nouveaux à l’image de la Vallée du Rhône, le Gaillac, le Bordeaux, la Touraine, le Languedoc etc. Ces vins doivent être qualifiés de « primeurs » ou « nouveaux » et comporter sur leur étiquette l’indication de l’année de récolte.

Plutôt que d’acheter votre Beaujolais nouveau dans un supermarché, tournez-vous vers un caviste de quartier qui saura vous conseiller et qui aura déniché des vins de qualité produits par des vignerons qu’il connait bien (compter 8 à 10 euros la bouteille). On le sert plutôt frais à 14°C. Et comme le Beaujolais nouveau est un vin jeune, il n’est pas destiné à être conservé. On le consomme en général dans les 4 semaines qui suivent l’achat (au plus tard dans les 6 mois). Au-delà, il perd les arômes fruités qui font son succès. On ne vous apprendra rien en disant que les charcuteries et les plats de bouchons lyonnais s’accordent parfaitement avec le Beaujolais nouveau : le fameux « sabodet » (saucisson poché servi chaud nappé d’une sauce au vin rouge), les quenelles, l’andouillette, la cervelle de canut etc. Il faut aussi savoir qu’il se cuisine aussi particulièrement bien. Ainsi, Les connaisseurs apprécieront le pain au Beaujolais (remplacer l’eau par le vin), la fondue vigneronne (mettre de l’huile à la place du vin) ou encore les poires rôties au vin rouge. Pour les plus chanceux qui fêtent le Beaujolais nouveau dans la ville des lumières, retrouvez toutes nos adresses gourmandes de Lyon : http://www.tables-auberges.com/hotels-restaurants/69-rhone/lyon

Annie Mitault

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