Au-delà du cliché internationalement répandu du français à béret, promenant son embonpoint baguette sous le bras et verre de vin rouge à la main, la France est, passées les frontières de l’Hexagone, immanquablement assimilée à ses vins. A raison semble-t-il.

Si l’on s’en fie aux classements annuels des pays producteurs et exportateurs de vins, la France joue des coudes pour figurer, aux côtés de l’Espagne et de l’Italie, au premier rang desdits classements. En chiffres, l’INAO, l’Institut National des Appellations d’Origine, recensait officiellement en 2011 plus de 3400 vins français différents, produits regroupés au sein de près de 1400 dénominations, chacune d’elle appartenant à son tour à l’une des 460 appellations et indications, issues de près de 800 domaines. Mémorisez donc ces chiffres et répétez les après quelques verres et vous viendra certainement le tournis !

Au-delà de ces données, c’est bien la façon dont la culture française s’est investie dans l’élaboration de ses vins qui vaut à l’Hexagone la réputation d’être « le pays des vins ».

Alsace, Armagnac, Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Cognac, Corse, Jura, Languedoc-Roussillon, Provence, Savoie, Sud-Ouest, Vallée de la Loire et Vallée du Rhône constituent les principaux cépages français.

Dans un pays où la culture du vin se conjugue à culture nationale, il n’est pas étonnant que le vin et son actualité fassent à intervalles réguliers les manchettes des principaux journaux du pays. A ce sujet, l’actualité de ces dernières semaines a été particulièrement prolixe en la matière. La vente aux enchères de grands crus confinés dans les caves de l’Elysée a été surmédiatisée, certains détracteurs allant jusqu’à s’interroger en ces termes : « l’Elysée a-t-il le droit de sacrifier un patrimoine national ? » Plus récemment encore, l’on a appris que la Chine avait pris des mesures de rétorsions en représailles à un projet de taxe communautaire sur le solaire, projet supporté par la France. Quel secteur stratégique est dans le viseur de Pékin ? Le vin français, bien évidemment, ce qui n’a pas manqué de susciter la frayeur des exportateurs hexagonaux.

C’est qu’au pays du Pomerol et du Saint-Emilion, on ne badine avec le vin qui est une chose sérieuse ! Car à en croire Roger Dion, célèbre historien et géographe français, la vigne constitue un ferment de l’identité nationale, l’histoire du vin entretenant « d’étroits rapports avec celle de la formation de l’unité française ». Rien de moins, et qu’on se le dise !

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

Samuel VASQUEZ