Melon ou pastèque ? Quel choix cornélien ! Ces deux gros fruits gorgés d’eau et de soleil n’ont pas leur pareil pour nous faire saliver en été. A l’heure de l’apéritif, en pique-nique, en vacances ou à la maison… ils embellissent nos assiettes et régalent nos papilles. Difficile en effet de passer à côté du fameux morceau de melon accompagné de jambon de Bayonne, ou d’une belle tranche de pastèque bien juteuse de retour de la plage. Désaltérants et sucrés à souhait, ils sont en plus, l’un comme l’autre, dotés de qualités gustatives et nutritionnelles incroyables. Alors pourquoi serait-on obligé de choisir ? On fait le point sur ces stars des marchés estivaux à consommer sans modération.

Le melon, ce légume devenu fruit…

A première vue, ils sont tous plus beaux les uns que les autres…de Charente ou de Cavaillon… ronds, ovales, elliptiques, verts, jaunes, orangés… on dénombre plus de 900 variétés de melons cultivés en Europe qui varient par leur couleur, leur taille et leur goût. On le déguste aussi bien en entrée qu’au dessert. Contrairement aux idées reçues, il faut savoir que le melon n’est pas un fruit mais un légume appartenant à la famille des cucurbitacées au même titre que la courgette, le concombre ou le potiron. Il est originaire d’Afrique, les égyptiens le cultivaient déjà 500 ans avant notre ère. Puis il a gagné la Grèce et Rome vers le 1er siècle où il est consommé comme légume avec du poivre et du vinaigre. Son apparition en France date de la fin du XVe siècle sous Charles VIII qui l’a rapporté d’Italie. Au fil du temps, sa saveur sucrée et son parfum en ont fait un fruit dans l’esprit de chacun.

Si le melon de type charentais (fruit rond à l’écorce côtelée, lisse ou brodée et à chair orange) est le plus fréquent sur les étals français, il en existe bien d’autres variétés : Le « Galia » (forme ronde avec une robe plutôt jaune à la chair vert clair) ; le « Piel del Sapo » (forme ovale de couleur vert olive à la chair blanche) ; le « Canari » (forme allongée à la coloration jaune vif prononcée très peu ou pas du tout côtelé » ; le « Brodé américain » ou le « Brodé italien » etc. Si son terroir de prédilection reste la Charente, on le cultive aussi dans le centre-ouest, le sud-ouest et le sud-est, chaque région lui conférant une qualité et un goût bien particuliers.

Bien le choisir est tout un art ! Si certains conseils peuvent paraitre fantaisistes, quelques bases s’imposent : son parfum, son poids et son aspect. Plus il est mûr, plus il est lourd et odorant. Enfin le décollement de son pédoncule indique qu’il est à maturité et surtout bien sucré. On peut en trouver dès le mois de mai mais la meilleure saison s’étend de juillet à septembre. Le melon fait partie des fruits de l’été préféré des français et ce n’est pas un hasard s’il fait l’objet de plusieurs confréries gastronomiques : Confrérie du Melon de Nérac, Confrérie des Chevaliers de l’ordre du Melon de Cavaillon, Confrérie du Melon de Lectoure et Académie des Maitres du Melon du Haut-Poitou.

La pastèque ou l’alliée 100% santé

Surnommée water melon (melon d’eau !) par les anglo-saxons, la pastèque est appréciée par beaucoup et en plus, elle est pleine de bienfaits. Ultralight d’abord (comptez 30 kcal pour 100 g !), la reine de l’été est riche en phosphore et en lycopène (antioxydant et anti-inflammatoire) ; elle regorge de vitamines et de minéraux. Désaltérante et hydratante, elle a toutes les qualités pour nous faire craquer. Si la pastèque se déguste nature et bien fraîche par une journée chaude, elle se prête également à toutes les associations culinaires aussi bien salées que sucrées : en gaspacho, en salade, en brochette, en granité, en confiture voire en beignet comme en Chine. Enfin, si les graines de la pastèque peuvent parfois déranger, elles sont eux aussi pleines de vertus. Elles sont très bénéfiques pour la peau et la circulation sanguine. Récupérez-les, passez-les quelques secondes sous l’eau avant de les sécher. Faites-les revenir à sec dans une poêle pendant 10 minutes et ajoutez un peu de sel fin. A déguster lors d’un apéritif un soir d’été bien sûr !

Annie Mitault