On ne va pas se mentir… une épiphanie sans cidre n’est pas une épiphanie réussie ! Le cidre est à la galette des rois ce que le vin est au fromage. Non pas que d’autres sortes de bulles sont à proscrire pour l’accompagner, mais les chiffres parlent d’eux-mêmes : le cidre trône sur 50% des tables françaises lorsqu’il s’agit de déguster la célèbre pâtisserie du mois de janvier. Quels sont donc les secrets de cette boisson qui ne cesse de gagner en qualité, véritable fierté des Normands et des Bretons ?

Accord cidre et galette : à chacun ses goûts !

Brut, doux, ou encore demi-sec, ce ne sont pas moins de 6 millions de bouteilles de cidre qui sont écoulées chaque année durant le mois de janvier. Pour rappel, les mentions « brut, doux ou demi-sec » renvoient au degrés de sucre et donc d’alcool contenu dans le cidre. Plus il y a d’alcool, moins il y a de sucre. Bon marché et peu alcoolisé, ce n’est donc pas un hasard s’il reste toujours en tête des boissons préférées pour l’épiphanie. A quelques nuances près… à l’image du choix d’un vin en fonction d’un met, les consommateurs ont aussi leurs préférences en matière d’accords de cidres et de galettes de rois :

  • Le cidre doux fait l’unanimité chez les femmes et les 18/25 ans. Léger et sucré, il va très bien s’accorder avec le gâteau des rois du sud de la France (brioche parfumée à la fleur d’oranger) et avec la galette à la pomme.
  • Le cidre brut convient mieux aux hommes et chez nos ainés. Peu sucré, typé aux saveurs plus franches, il se marie parfaitement avec les galettes plus originales à la pistache ou à l’abricot.
  • Le cidre demi-sec, moins connu que les deux précédents, est idéal pour accompagner l’amertume de la traditionnelle galette à la frangipane.
  • Les adeptes du cidre rosé dégusteront une galette frangipane/pralines roses, ceux du poiré une galette à la frangipane/chocolat.

Il faut aussi savoir que le cidre compte seulement 50 calories par verre de 15 cl, c’est deux fois moins que le vin et un peu moins que la bière. Avec un faible taux d’alcool (entre 2° et 5° du doux au brut), il constitue un allié gourmand de premier ordre.

Une boisson rustique venue de la Méditerranée

Bien avant d’être populariser en France et de faire l’objet d’une querelle entre les normands et les bretons, le cidre a beaucoup voyagé. Le mot cidre viendrait du latin « sikera », venant lui-même du mot hébreu « chekar » signifiant boisson enivrante. Dès l’antiquité, les hébreux et les grecs buvait un jus similaire au cidre, confectionné à base de morceaux de pommes trempés dans de l’eau bouillante et du miel. On le retrouve au Pays Basque à l’époque gallo-romaine puis en Normandie et en Bretagne au moyen-âge, grâce aux marins, qui, embarqués sur des bateaux basques, ont découvert le précieux breuvage. Les marins basques emmenaient en effet des tonneaux de cidre considéré comme source de vitamines pour lutter contre le scorbut. Sa fabrication se développe au XIIe siècle dans l’ouest de la France grâce à l’invention du pressoir et devient un produit que l’on consomme dans les tavernes en concurrence avec le vin et la bière. Aujourd’hui le cidre n’est plus réservé qu’à la période de la galette des rois, de la chandeleur ou de mardi gras. Son image a bien évolué auprès des consommateurs qui n’hésitent plus à le proposer en apéritif ou en remplacement d’une bière. Il s’en produit d’excellents dans presque toutes les régions de France et des nouvelles tendances ont émergées avec l’apparition de gammes de cidres rosés (à partir de pommes à chair rouge), poirés (à base de la fermentation de jus de poires) ou aromatisés (framboise, agrumes, pêche etc.).

Cidre breton ou cidre normand ?

La France est le premier producteur mondial de cidre, c’est un savoir-faire unique. Il est traditionnellement produit dans les régions de la Bretagne et de la Normandie où la pomme y est grandement cultivée. Les cidres normands sont habituellement colorés et ont du corps. Ils sont issus de variétés de pommes douces et d’acidité modeste. En Bretagne au contraire, ce sont les pommes acides qui dominent. Elles donnent des cidres plus pales, plus acidulés et moins amers.

Nos adresses cidricoles :

Cidrerie de RHUYS NICOL
Kergenets
56450 SURZUR

Cette entreprise familiale située aux portes de la presqu’île de Rhuys et du golfe du Morbihan est spécialisée dans les boissons à base de pommes. Depuis 1982, trois générations se sont succédées dans le respect de la tradition et du savoir-faire. Aujourd’hui, l’exploitation possède 13 hectares (dont 4 Label Rouge) et ses cidres récoltent régulièrement des prix (en 2017 médaille de Bronze pour l’IGP fruitée, médaille d’argent pour le jus de pomme et le jus de pomme pétillant). La cidrerie reste très soucieuse de son environnement avec notamment des ruches dans les vergers, en revalorisant ses déchets et en traitant ses effluents en compost.

Ferme de la Charterie
La Charterie
27230 ST AUBIN DE SCELLON

Au cœur du Pays d’Auge, en Normandie, Pascal BEAUMESNIL a créé sa ferme cidricole en 2006. Situé autour de la ferme, le verger de 5 hectares est exploité selon les principes de l’agriculture raisonnée. Le cidre brut s’est vu décerner une médaille d’argent en 2012, une médaille de bronze en 2014, médaille d’or en 2016 et une médaille d’argent en 2017 au salon Agricole de Paris. Le cidre demi-sec a également été récompensé par une médaille d’or en 2016.