Il y a tout juste un an, Philippe Shlick remportait le deuxième concours du Meilleur Caviste de France. Organisé depuis 2014 par le syndicat des Cavistes professionnels, ce concours suscite à chaque édition un très grand intérêt.  « S Gilt », comme disent les bons buveurs alsaciens. “Santé”, pour les autres ! 

Véritable marathon commencé en mars et achevé mi-octobre, la deuxième édition du concours du Meilleur Caviste de France a pris du relief. Ce sont en effet pas moins de 300 candidats qui se sont connectés à leur ordinateur afin de répondre à 35 questions sous forme de QCM (questionnaire à choix multiples) et de 5 questions ouvertes. Avec un maximum d’une heure pour répondre et l’impossibilité de revenir en arrière, la sélection rigoureuse a ainsi permis de qualifier précisément 40 demi-finalistes. Réunis dans l’antre de la maison Joseph Perrier, en Champagne, les candidats ont à nouveau dû répondre à un questionnaire écrit avant de se frotter à une dégustation à l’aveugle qui comprenait un cognac, un vin de Rasteau en “bag-in-box” et un rosé des Riceys, histoire de corser un peu plus ce trio à expliciter.

C’est finalement le 10 octobre 2016 que les 8 finalistes ont eu le privilège de passer leurs épreuves sous les yeux de l’acteur François Berléand lequel jouait le rôle du convive. A table, en fonction d’un menu qu’il avait choisi, il fallait lui proposer les vins à boire pour un total de 4 plats plus le fromage, le tout dans la limite d’un budget imposé. En moins de sept minutes, il convenait d’être pertinent et concis. Parfait  dans ses choix et le respect du chronomètre, l’Alsacien a enchaîné tout aussi bien la seconde épreuve pour laquelle les finalistes avaient tout juste une minute trente pour déguster et commenter 4 vins et 1 bière. “Je me suis beaucoup entraîné sur cet aspect. Au début, je n’arrivais même pas à dire la moitié de ce que je voulais dire. L’entrainement m’a permis de me familiariser avec cette minute trente. La bonne gestion du temps était au moins aussi importante que la partie technique” reconnaît Philippe Schlick, le vainqueur de l’édition.

Un peu déconcertante, la dernière épreuve pratique donnait aux candidats 5 minutes de préparation et 5 minutes de présentation à l’oral. Sur la table, on trouvait une bouteille, une chaussette pour la masquer, un verre, un calepin et un stylo. En présence d’un château Giscours 2011, Philippe Schlick a pris le parti de réaliser une présentation de la dégustation comme s’il était en présence de ses collaborateurs afin de sélectionner ou non ce vin. “Très simplement, je n’ai pas pris de notes, j’ai agi comme si j’étais dans ma propre boutique en train de déguster un vin” rappelle le meilleur caviste de France.

Un quizz supplémentaire plus tard et un film… surprise à visionner où on le découvre en train de vendre dans sa propre boutique, le caviste de Weitbruch emportait la décision finale du jury. “Le petit film monté en caméra cachée était un peu déconcertant à regarder mais il a aussi contribué à mes bonnes notes”. Il est vrai que le client mystère passé entre la demi-finale et la finale dans la boutique de passionné ne pouvait pas être déçu. Il faut avoir passé une matinée en compagnie de Philippe Schlick pour comprendre toute l’attention qu’il apporte à ses clients. Conseils de sommelier émérite en prime !

Article extrait du magazine Contact Pro®

Edité par Christophe Andrieu