Une fois n’est pas coutume, nous avons décidé de mettre notre culpabilité de côté et de vous emmener faire un tour en Bretagne pour savourer des spécialités gourmandes… et pas n’importe lesquelles : des pâtisseries bretonnes, riches en beurre et en sucre, mais qu’on meurt d’envie de déguster lors d’un goûter dominical, et ce, jusqu’au bout des doigts !  Zoom sur trois gâteaux bretons connus à travers la France entière et à (re)découvrir en famille.

La crêpe dentelle : la « gavotte » de notre enfance

C’est un peu notre madeleine de Proust à tous… qui ne s’est jamais régalé d’une crêpe dentelle en accompagnement d’une crème caramel ou d’une glace ? Enfants, nous les dévorions à la cantine… et un simple coup d’œil sur la grosse boite en fer pleine de « Gavottes » dans les buffets de nos grand-mères nous faisait saliver. Cette spécialité, craquante à souhait, a vu le jour à la pointe bretonne il y a plus d’un siècle. Et comme très souvent en pâtisserie, la crêpe dentelle est le résultat d’une bêtise, celle de Madame Cornic qui tenait une crêperie  dans la ville de Quimper en 1886. Pour ne pas gaspiller une crêpe qu’elle avait oublié sur le feu, elle eut l’idée de la plier délicatement, ce qui finit par devenir un biscuit croustillant et léger. Produites à grande échelle dès 1920 dans une biscuiterie de la ville, les crêpes dentelles deviendront officiellement les « Gavottes ». Aujourd’hui elles sont connues dans le monde entier et se déclinent en différents parfums (chocolat, caramel, beurre salé etc.).

Le Craquelin de Saint-Malo : la spécialité de l’estuaire de la Rance

Si aujourd’hui on peut compter les fabricants de craquelins sur les doigts d’une seule main, ces petits biscuits à la forme concave ont marqué des générations entières en Bretagne. Officiellement mentionnés dans les comptes de l’hôpital de Saint-Malo en 1663, leur origine remonterait pourtant au moyen-âge. A l’image des bretzels alsaciens, le craquelin est un dérivé de l’échaudé médiéval. Le procédé de fabrication consiste à cuire une pâte (mélange de farine de froment, œufs, lait, malt d’orge et levure) une première fois dans de l’eau frémissante, puis à le refroidir dans un bain d’eau froide, avant de le cuire une deuxième fois dans un four où le craquelin prendra sa forme de bateau. Le résultat est sans égal : craquant sous la dent et fondant dans la bouche. Le craquelin de Saint-Malo se consomme au petit déjeuner ou au goûter comme une biscotte avec du beurre demi-sel, de la confiture, ou du miel.

Le kouign amann : le 100% pur beurre

Difficile de parler de pâtisserie bretonne sans évoquer le célèbre Kouign (gâteau) Amann (beurre). La légende raconte, qu’il fût inventé en 1860 par un boulanger trop pressé à quelques pas du port de Douarnenez. Alors qu’il n’y avait plus rien à vendre dans la boulangerie Crozon, Monsieur Scordia attrapa ce qu’il avait sous la main, à savoir de la pâte à pain, du beurre et du sucre. Dans la précipitation il plia la pâte à la manière d’un feuilletage après l’avoir recouvert d’un mélange de beurre et de sucre. En résulta un succulent gâteau feuilleté appelé le Kouign Amann… Gorgée de beurre et de sucre, cette gourmandise n’est pas des plus légères, mais elle fait le bonheur des touristes venus visiter la Bretagne. Les connaisseurs vous diront qu’il faut le déguster tiède, nature et surtout le jour même de sa fabrication.

Annie Mitault